Mythique (I)

Ce n’est pas si désagréable d’attendre Marie, assis à la terrasse de l’Ecart, en cette fin d’après-midi clémente de septembre. Le soleil est là mais hors de vue, une légère brise caresse mes joues, et j’achève doucement de vider un verre de vin rouge.

Marie est très en retard. Elle s’est trompée de quartier. Elle a dû remonter dans sa voiture et doit être en train de traverser le labyrinthe infernal de sens uniques qu’est devenu le centre-ville. Je l’attends tranquillement, regrettant un peu de n’avoir pas pris un livre. La prochaine fois je serai plus prévoyant.

Je ne connais Marie que par les messages que nous échangeons sporadiquement depuis trois jours sur une application de rencontres. Elle a aimé mon profil et moi le sien. Je ne sais pas trop à quoi m’en tenir la concernant, elle ne paraît pas convenir à certain de mes critères les plus exigeants. Mais ça ne coûte rien d’essayer.

Je ne suis pas coutumier de ce genre de rencontres, pas encore. J’appréhende un peu.

Marie finit par arriver, s’excuse en souriant. Je me lève et l’invite à s’asseoir, en lui demandant ce qu’elle veut boire. C’est un des avantages de l’Ecart, devoir aller commander au bar. Une heureuse diversion qui, en ce qui me concerne, fait tomber la tension.

Marie est charmante, plus jolie que sur sa photo. Elle a des yeux espiègles sous son carré mi-long. Nous commençons à discuter. Comme nous avons déjà brisé la glace par messages interposés, c’est facile.

Elle me raconte sa vie, sa fille adolescente, son divorce lointain, une relation traumatisante qu’elle a eu avec un collègue de travail qui a fini par la harceler gravement. Je lui raconte la mienne, mon fils, mon divorce, mon travail. Cela se passe plutôt bien. Au bout d’une heure et demie, nous allons dîner. Je réussis à la faire rire deux ou trois fois. Petit à petit pourtant, je me sens débordé. Sont-ce les trois verres de vin rouge jusqu’ici ingurgités ? Non, j’ai l’impression d’être sur un manège, entraîné par les paroles de Marie qui parle de plus en plus, me raconte moult anecdotes -intéressantes- sur sa vie. J’opine, commente, et la laisse parler. Je réponds quand elle m’en laisse l’opportunité. A un moment elle me demande directement si elle ne me “soûle pas trop”, je souris en secouant la tête. L’heure tourne, le repas est terminé depuis longtemps, nous sommes toujours en terrasse de ce restaurant dont le serveur m’a reconnu et gentiment chambré. La nuit est tombée, il fait toujours doux. Nous continuons à discuter, je ne sais pas comment enchaîner, pourquoi faut-il que ce soit toujours les hommes qui mènent la rencontre ? Je me dis qu’elle voudrait peut-être que je l’emmène danser, ou boire un verre quelque part, dans un bar ou chez moi, peut-être. Je me dis que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre sur les femmes et le déroulé d’une rencontre. Je me dis que j’ai juste envie de rentrer chez moi et d’aller me coucher.

Nous finissons par quitter le restaurant, nous revenons vers sa voiture, plaisantons encore un moment. Puis après quatre bises cordiales, nous repartons chacun de notre côté. Plus tard, un échange de sms polis, oui je suis bien rentré et toi ? puis une bonne nuit. Je la sens un peu déçue, elle aime sans doute faire la fête, ce qui n’est pas précisément mon cas.

Le lendemain après midi je risque un sms cordial, elle me répond, et après un bref échange plus rien. Je n’ai pas particulièrement envie de continuer. Je me sens vide, confus, exactement comme après un tour de manège. Je ne trouve plus rien à lui dire.

Sur Meetic, un flash, un nouveau profil.

Je viens de swiper Marie.

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Premières pierres

C’est dans une bâtisse qui avait jadis abrité un marchand de vin que s’était établie la bibliothèque municipale de mon petit village. Auparavant, elle avait pris ses quartiers dans la vieille maison inhabitée près de la mairie mais, outre le fait que la superficie de ses deux pièces ne suffisaient pas à en faire un réel lieu de culture, un champignon maléfique avait entrepris de la dévorer de fond en comble. Elle avait dû être démolie et les livres migrer vers d’autres cieux.

Le nouveau local était constitué d’une seule grande pièce de forme biscornue, dont je n’ai jamais réussi à savoir si elle était plus trapézoidale que triangulaire ou rhomboïde. Elle épousait vaguement l’intersection en y de la grande rue et d’une artère mineure. C’était un endroit lugubre qui sentait le moisi et le renfermé. Une grande étagère poussiéreuse couvrait l’un des murs. Le présentoir circulaire qui trônait au milieu de la pièce ne parvenait pas à en meubler le vide, encore accentué par le rouge délavé du carrelage craquelé. A l’entrée, dernière station avant l’aventure, une table et une chaise terminaient l’énumération du maigre mobilier. L’homme qui était assis là veillait sur le fichier de prêt, à cette époque une simple boîte métallique remplie de fiches cartonnées à onglets. C’était un type d’une cinquantaine d’années qui passait pour être un peu excentrique dans le village. Il avait une tête des années vingt, fine moustache et lunettes rondes. Parfois il portait un galurin orné d’une plume. Le plus souvent il arborait aussi un vieux survêtement mauve hideux. Invariablement il souriait quand j’entrais et que je lui jetais un coup d’oeil avant de m’élancer pour récolter mon butin hebdomadaire. Le lieu n’ouvrait en effet que le samedi après-midi.

Le fonds était principalement constitué des ouvrages amenés par le “bibliobus”, lors d’une opération mystérieuse qui avait lieu tous les six mois environ. L’auguste véhicule reprenait les anciens livres pour les remplacer par de nouveaux, qu’il avait eux-même repris de la bibliothèque d’un village voisin. Cette rotation permettait de disposer de nouvelles lectures à moindre frais pour la commune. J’attendais le passage du bibliobus comme celui du Père Noël, fébrile d’impatience. Quand je débarquais, le souffle court et les cheveux ébouriffés d’avoir pédalé dans le vent, je me précipitais et les nouveaux venus étaient comme des trésors que j’avais hâte de découvrir.

Le présentoir au milieu était mon premier point d’attention : c’était le hâvre des bandes dessinées. Une vingtaine de tas d’environ sept ou huit ouvrages différents, cela faisait une jolie collection. Je cherchais toujours mes héros favoris en premier, Ric Hochet ou Yoko Tsuno, et quand j’en trouvais un que je n’avais pas lu, j’en tremblais d’excitation. J’arrivais toujours à en dégoter quatre ou cinq que j’avais envie de lire, et alors je passais aux romans.

C’est sur la vieille étagère poussiéreuse que j’ai trouvé les aventures du Petit Vampire puis, plus tard, les romans de Philippe Ebly dans la Bibliothèque Verte (SOS Léonard de Vinci, probablement le premier roman de voyage dans le temps que j’ai lu). J’ai continué ensuite en abordant l’appui de fenêtre où une double rangée de livres de poches de science fiction cachaient des vitres ébréchées en verre dépoli. C’est là que j’ai découvert Isaac Asimov, Clifford D. Simak, Robert Silverberg, entre autres. Je remplissais mes bras de livres jusqu’à la limite autorisée puis les amenait au vieil homme à l’entrée. Celui-ci ne commentait jamais mes choix mais de toute façon, je ne faisais pas vraiment attention à lui. J’étais déjà en esprit à virevolter sur mon vélo, remontant la côte vers chez moi, les livres attachés sur mon porte-bagages, anticipant l’après-midi à lire dans le canapé avec une limonade à portée de main.

Premières pierres de culture littéraire.

Jardin(s)

Il y a peut-être encore quelque chose à dénicher dans ce jardin en friche depuis près d’un an. Combien d’averses, combien de sécheresses devra-t-il encore subir avant que tu ne te décides à y jouer de la débroussailleuse ? Tu y reviens toujours, irrémédiablement attiré malgré les appas d’autres plaisirs plus faciles. Aujourd’hui te voilà de nouveau, au seuil de ces allées envahies de ronces, de ces arbres en complète liberté, de ces plates-bandes noyées sous la renoncule. Qui sait quels trésors, quelles statues antiques s’y cachent, trop timides pour s’exposer à la vue ?

Les traces de ton dernier passage ont été effacées, mais au moins sais-tu maintenant comment t’y prendre. Il suffit peut-être d’une simple binette, cette fois-ci, plutôt que d’un engin plus imposant. Y aller en douceur, tailler branche après branche, dégager parterre après parterre. Y prendre du plaisir. Varier les travaux. Et ne pas rester seul. Ouvrir les portes. Faire visiter.

Alors bienvenue.

Réminiscence : Le Jardin du temps, J.G. Ballard

L’homme trou noir

Théophile a une grosse trentaine d’années. Pas d’amis, mais il voudrait tellement en avoir. C’est un collègue de travail. Petit à petit, insidieusement, il commence à parler de sa vie, des antidépresseurs, des psys qui le suivent depuis ses quinze ans, de sa vie vide de sens. Il s’impose avec sa morosité et toi, éponge empathique, tu t’imbibes de tout ça, à ton corps défendant au début, mais finalement en te disant qu’aider quelqu’un ça pourrait ne pas te faire de mal. Espèce de saleté de syndrome du chevalier sauveur.

Il ne parle finalement que de lui, restant parfaitement étanche à toute tentative de te comprendre. Tu as beau lui donner des conseils, tenter d’argumenter face à sa dépression, il n’écoute pas, ou alors pour pouvoir te dire plus tard je te l’avais bien dit ça marche pas.

Théophile se complaît dans sa dépression. Tu te rends compte que tu n’es pas psychiatre, que si des professionnels ne parviennent pas à l’aider depuis des années ce n’est pas toi qui améliorera les choses. Théophile te prend à témoin, t’englobe dans sa dépression. Il transforme tout ce qu’il touche en cendres.

Et puis tu commences à y voir clair, sa tendance manipulatrice, les mensonges par omission, son propre aveuglement. Ce type est une forme de pervers narcissique, te dis-tu, même si ce ne sont probablement pas les bons mots.

Mais il est trop tard. Sa présence physique t’insupporte, il ne se rend pas compte de la perturbation qu’il génère, de la déformation de l’espace qu’il produit autour de lui, comme un trou noir hideux. Il ne comprend absolument pas où se trouve le problème, pourquoi tu l’évites et tu es dur avec lui. Tu n’en peux plus de l’entendre geindre, se plaindre, se complaire. Il finit par obtenir une rupture de contrat, et tu te dis qu’il va enfin se soigner, après un an d’arrêts maladie à répétition. Sauf qu’il a bien manigancé son coup : il avait déjà retrouvé un travail ailleurs. Il pourra probablement s’y trouver de nouvelles oreilles, qu’il espère attentives.

Petites habitudes

Notes mille fois tinté, paroles mille fois résonné…

C’est toujours le même morceau que j’écoute en boucle le dimanche, au moment où je fais la cuisine. La voix de la chanteuse emplit le vide de la maison, occupe les volumes, triomphante, m’accompagne tandis que joyeusement grésille la poêle, tendrement mijote la cocotte. J’ouvre une bouteille de chardonnay, et je bois paisiblement quelques verres. Tandis que le breuvage doré commence lui aussi à me chanter sa chanson, je me demande jusqu’à quel point je suis un cliché. Je sens bien que cette petite habitude est doucement devenue un rituel, mais qu’importe, tant qu’elle réchauffe ma main tavelée et mon coeur desséché.

Lorsque le repas est prêt je m’attable, seul, la tête assourdie d’effluves et les oreilles étourdies de sons, et je mange en terminant la bouteille de vin. Puis, quelque soit le temps, je sors sur la terrasse et fume une cigarette. Enfin, je rentre et m’étends dans le canapé pour le plus souvent sombrer dans le sommeil.

Ces dimanches-là sont rassurants, emplis de petites choses simples. C’est comme un agenda doux-amer, parsemé de jalons comme des fanaux dans la brume. Des feux pour conjurer le vide et l’angoisse, la peine et le chagrin. Je sais pourtant que ce ne sont que des artifices, des pis-aller qui m’empêchent d’avancer, si réconfortants soient-ils. On m’a maintes fois répété de tourner la page, de porter mon regard vers l’avenir, de me débarrasser de ces habitudes auxquelles je m’accroche, à moins que ce ne soit elles qui se cramponnent, comme des peaux mortes que je ne parviendrais pas à abandonner. La vérité, c’est que si ces habitudes disparaissent, je n’ai plus rien.

Lorsque j’émerge de ma sieste, ces dimanches-là, l’esprit encore engourdi dans les limbes du sommeil, je sors, vêtu selon la saison d’un polo ou d’un lourd pardessus, et je me dirige vers le petit bois derrière la maison, un petit kilomètre de marche dont je profite pour me vider entièrement l’esprit. Parfois j’imagine les pensées grises de mon cerveau fuir au vent derrière moi, comme un long panache funèbre sortant d’un improbable cloaque. J’atteins enfin ma destination, passe le portail et marche parmi les tombes, puis arrive bientôt devant celle que je viens visiter. Et je me tiens là, debout, dans le froid le vent la pluie la neige la chaleur la douceur, dans la lumière vive d’un été flamboyant ou dans la pénombre morose d’un novembre finissant.

Comme tous les dimanches.

Black-out

Mardi, 9h50

Les néons se sont éteints, les moniteurs ont brusquement cessé d’afficher quoi que ce soit, et c’est mon collègue Lucien que je viens d’entendre beugler dans le bureau d’à côté. Les onduleurs ont commencé leur perfusion d’électrons dans les veines des serveurs sur lesquels ils veillent : leur bip-bip ressemble à une sérénade mélancolique.

« Ne vous inquiétez pas, ça ne durera pas plus de dix ou quinze minutes, comme d’habitude » entends-je la secrétaire tenter de rassurer tout le monde.

Moi, je m’en fiche, j’ai un ordinateur portable. Je viens de l’éjecter de son socle. J’ai encore trois heures d’autonomie. Je peux continuer à bosser tranquille.

Mardi, 11h45

Plus qu’une heure et huit minutes d’autonomie, me dit Windows avec une précision presque imbécile. Le courant n’est pas revenu. Mes collègues ont promené leur désoeuvrement dans les couloirs. La pause, au début si bienvenue, commence à s’éterniser. Quasiment plus personne ne peut travailler. Les téléphones ne fonctionnent plus non plus, j’apprends ainsi avec surprise qu’ils sont eux aussi tributaires de la fée électricité. Le café est froid. Par la fenêtre, je vois bien six ou sept groupes de gens dehors, en train de fumer ou discuter. Apparemment la panne touche au moins tout le quartier. Les onduleurs se sont vidés de leur sang il y a déjà un moment et un silence étonnant règne maintenant en salle serveurs. Je crois que je vais aller déjeuner. Mais je vais éteindre mon PC avant.

Mardi, 23h30

Je profite des derniers soubresauts de ma batterie pour écrire ces quelques phrases. Plus de courant depuis ce matin. Quand je suis sorti ce midi, il n’y avait pas de métro. Les feux tricolores me fixaient de leurs trois yeux morts. Le restaurant où j’ai mes habitudes servait des sandwichs. Les gens parlaient, se posaient des questions. Je suis rentré chez moi. Pas de télé, pas d’Internet. J’ai ressorti mon vieux radio-cassettes à piles. Aucune émission sur aucune fréquence. Ne sont-ils pas censés avoir des générateurs de secours ? Aucune des personnes que j’ai appelées avec mon téléphone portable n’avait de courant. Je n’ai pas eu le coeur à lire. Je suis resté à regarder le congélateur dégeler lentement et emporter mes victuailles dans la débâcle.

La nuit est tombée, j’ai déstocké des bougies et pu dégotter le briquet que j’avais quand même gardé après avoir arrêté de fumer.

Et me voilà, en train de tapoter sur ce clavier, à la lueur livide de l’écran, qui s’éteindra inexorablement dans quelques minutes (vous devriez enregistrer tout travail en cours, oui, merci Windows).

Je me fais l’effet d’un homme préhistorique blotti près de son feu mourant dans sa caverne froide et obscure.

Et si demain ce n’est pas revenu ?

Silence

La porte de l’appartement claque quand il la referme, et les clés cliquettent dans la serrure. En se retournant, il aperçoit la concierge. Elle descend les escaliers dont les marches grincent sous son poids. Il répond à son bonjour sonore et s’éclipse avant qu’elle se mette en tête de vouloir entamer la conversation.

Il descend jusqu’au rez-de-chaussée en serrant les dents. Depuis l’accident il a la jambe raide. Habiter au troisième sans ascenseur est devenu pénible.

La plainte nasillarde de l’interphone retentit, la porte s’ouvre et le voilà dans le tintamarre de la rue. Il y a des travaux de voirie devant l’immeuble. Aujourd’hui ils y vont au marteau piqueur.

Il longe le trottoir et dépasse une file de voitures à l’arrêt dans les bouchons. Klaxons, rugissements de moteurs. Un bus passe en vrombissant dans son couloir dédié. Trop tard pour le rattraper.

Il y a du vent, les feuilles bruissent dans les ramures. Les oiseaux gazouillent, inspirés par le printemps. C’est une belle journée. Il a bien fait de passer par le parc.

Il contourne la fontaine, son babil et son eau qui clapote. Les graviers crissent sous ses pas. Les gamins de l’école d’en face s’égaillent et criaillent de joie dans la cour, tandis que trillent sporadiquement les sifflets des maîtresses.

Il traverse le boulevard et atteint l’entrée de l’hôpital. Un camion de pompiers rutilant passe à tombeau ouvert dans son dos, sirène hurlante.

Il pénètre dans le hall frais comme une cathédrale. La fille de l’accueil lui sourit, mais ne lui dit rien. Il connait le chemin.

Ici c’est le royaume des semelles chuintantes, des conversations à mi-voix, des silhouettes blanches comme des fantômes pleins de regrets. Mais même après le tumulte extérieur, il n’est pas apaisé par cette ambiance feutrée. Il sent le silence tout proche, le silence qu’il s’efforce de maintenir à distance, le silence à l’affût, attendant qu’il baisse la garde pour entrer à nouveau en terrain conquis. Il se remémore la porte qui claque, les marteaux-piqueurs, les voitures, les enfants, le camion de pompiers.

Il entre sans frapper dans le cabinet du médecin. Ce dernier lui sourit, debout derrière son bureau, et lui serre la main sans un mot. Puis, après l’avoir invité d’un geste à s’asseoir, le praticien s’installe dans son siège et griffonne quelque chose sur un bloc-notes devant lui. Ensuite il le lui tend et il peut lire les mots qui y sont inscrits : « Comment ça va aujourd’hui ? »

Il est vraiment temps qu’il se résolve à apprendre à lire sur les lèvres.